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À propos du projet

Hektor est un dispositif – un bot – qui réalise des oeuvres à partir de photographies d’Isabelle Gagné et de celles proposées spontanément par les citoyens du village de Saint-Camille. Il détourne l’usage d’un algorithme de traitement neural, destiné normalement au transfert de style artistique, pour utiliser des images de sources locales qui témoignent du quotidien du village : des photos partagées par les citoyens et des images captées via des caméras de surveillance disposées dans la ville. Aléatoirement, le dispositif intégrera également des mots ou des phrases tirées de l’oeuvre du poète camillois Gaston Gouin. Ce dernier a écrit cette phrase qui incarne le principe à la base du projet et de la « démarche » d’Hektor : « L’art est un geste accidentel » (Temps Obus, les deux mains dans la cendre, 1963-1968). Par cette posture presque Dada, le projet s’en remet à un certain nombre d’aléas : la contribution des citoyens et celle des caméras installées dans le village, et l’algorithme du bot qui opère une mise en image.

La création de ce personnage fictif s’est ainsi construite : Hektor est à la fois Gaston Gouin, les citoyens de Saint-Camille, un artiste en devenir et un bot en mode « apprentissage machine ». C’est un peu tout le monde, mais c’est aussi le territoire et ce qu’il contient : routes, architectures, paysages – tous ces hectares qui constituent, en quelque sorte, l’ADN d’Hektor.

Mettant à l’avant-plan des problématiques liées à la surveillance dans l’espace public, à l’automatisation algorithmique de plus en plus présente dès qu’il y a connexion au réseau, et à la notion d’auteur lorsqu’il est question d’oeuvre générative, Hektor dresse un certain portrait d’une communauté et interroge, du même coup, notre rapport au numérique et ce qu’il représente dans nos vies.

Texte Nathalie Bachand

Isabelle Gagné

Isabelle Gagné est une artiste multimédia qui vit et travaille à Mirabel. Fortement alimentée par son environnement numérique, l’artiste porte un intérêt particulier aux marqueurs du patrimoine québécois, à ses archives et ses paysages. Son travail s’articule par la photographie, la poésie, les archives numérisées et les bots via des dispositifs déployés sur le réseau. Depuis 2009, son travail est présenté dans des expositions individuelles et collectives au Canada et à l’étranger, notamment à la Gallery on the Corner à Londres (2011), au Centre d’Art Léo-Ayotte à Shawinigan (2012), à la Lunch Box Art Gallery à Miami (2012), à la Factory Art Gallery à Berlin (2013), au Centre national d’exposition au Saguenay (2014, 2018), à l’Irohani Gallery à Osaka (2014), au Mois de la Photo de Montréal (2015, maintenant MOMENTA Biennale de l’image), à TOPO - Laboratoire d’écritures numériques (2017), aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie (2018), à Vaste et Vague (2018) ainsi qu’à la galerie Amalgame (2019). Pionnière de l’art mobile au Canada, elle a cofondé le Mouvement Art Mobile (MAM) en 2011 et c’est en tant que commissaire qu’elle coréalise l’exposition et le catalogue Mobilisations - L’art mobile au Québec qui a parcouru la province de 2016 à 2018. Elle a coécrit « Pourquoi art mobile », un essai publié dans la revue Théorème aux éditions Presses Sorbonne Nouvelle (2018).

www.isabellegagne.ca

Collaborateurs

Ce projet est présenté dans le cadre de la triennale EIM (Espace [IM] Média) est un événement dédié aux pratiques artistiques numériques, sonores et visuelles, qui questionnent, critiquent, reconstruisent ou revisitent le concept même du numérique et de ses outils.

L’artiste remercie Sporobole centre en art actuel, le P’tit Bonheur de Saint-Camille, Olivier Ross, développeur à 0/1 - Hub numérique de l’Estrie, Paul Gascou-Vaillancourt développeur et intégrateur web indépendant, la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie ainsi que tous les citoyens de Saint-Camille qui ont participé au projet.